business man shaking hands over a signed contract

Dirigeants : ce qu’il faut exiger d’un prestataire dans le cadre d’un projet

Dans le domaine de la gestion de projet, deux approches prédominent : l’engagement sur le résultat (ou forfait) et la méthode agile. Bien que ces deux méthodes visent à atteindre des objectifs similaires, elles diffèrent fondamentalement dans leur approche et leur mise en œuvre. La question de leur compatibilité est souvent débattue, et il est essentiel de comprendre les nuances de chacune pour évaluer leur potentiel de coexistence.

Forfait ou Engagement sur le Résultat : Une Approche Structurée

L’engagement sur le résultat, souvent appelé contrat au forfait, est une approche où les exigences, les délais et les coûts sont définis dès le début du projet. Cette méthode offre une visibilité claire sur ce qui sera livré, à quel moment et à quel coût. Elle est particulièrement adaptée aux projets où les exigences sont bien définies et peu susceptibles de changer.

Cependant, cette rigidité peut poser problème dans des environnements dynamiques où les besoins évoluent rapidement. Les modifications nécessitent souvent des processus formels de changement, ce qui peut ralentir le projet et augmenter les coûts.

Méthode Agile : Flexibilité et Adaptabilité

La méthode agile, en revanche, met l’accent sur la flexibilité et l’adaptabilité. Elle est conçue pour des environnements où les exigences peuvent évoluer au fil du temps. Les projets agiles sont divisés en itérations courtes, permettant des ajustements fréquents basés sur les retours des parties prenantes. Cette approche favorise l’innovation et permet de répondre rapidement aux changements du marché ou aux nouvelles opportunités.

Cependant, l’agilité peut parfois sembler en contradiction avec l’engagement sur le résultat, car elle ne fixe pas nécessairement un cadre rigide pour les livrables finaux dès le début du projet.

Compatibilité : Trouver un Équilibre

La compatibilité entre l’engagement sur le résultat et la méthode agile réside dans la capacité à trouver un équilibre entre structure et flexibilité. Voici quelques stratégies pour y parvenir :

  1. Contrats Hybrides : Utiliser des contrats qui combinent des éléments des deux approches. Par exemple, définir des jalons clés et des livrables fixes tout en permettant des ajustements dans les détails des fonctionnalités.
  2. Gestion des Attentes : Clarifier dès le départ que, bien que le cadre général soit fixe, des ajustements peuvent être nécessaires pour répondre aux besoins changeants.
  3. Itérations Planifiées : Intégrer des cycles de rétroaction réguliers pour évaluer les progrès et ajuster les priorités sans compromettre les objectifs globaux du projet.
  4. Collaboration Étroite : Encourager une collaboration étroite entre les équipes de projet et les parties prenantes pour s’assurer que les ajustements sont alignés avec les objectifs stratégiques.

la méthode Syncerus

methodo agile syncerus

Phase 1 : Roadmap

1. Validation des Objectifs Stratégiques

La première étape consiste à valider les objectifs stratégiques du projet. Cela implique de s’assurer que les objectifs sont alignés avec la vision globale de l’entreprise et qu’ils sont réalisables dans le cadre des ressources et des contraintes disponibles. Cette validation est essentielle pour garantir que le projet apporte une valeur ajoutée significative à l’organisation.

2. Réunion de Kickoff Projet

La réunion de kickoff est une étape cruciale où tous les acteurs clés du projet se réunissent pour discuter des attentes, des rôles et des responsabilités. Cette réunion permet de définir clairement les objectifs du projet, de fixer un calendrier et de s’assurer que toutes les parties prenantes sont sur la même longueur d’onde. C’est également l’occasion de résoudre les éventuelles ambiguïtés et de poser les bases d’une communication efficace.

3. Interview des Acteurs Clés

Pour bien comprendre les besoins et les attentes des parties prenantes, il est essentiel de réaliser des interviews avec les acteurs clés. Ces entretiens permettent de recueillir des informations précieuses sur les exigences spécifiques, les contraintes potentielles et les attentes en matière de résultats. Cette étape est cruciale pour s’assurer que le projet répondra aux besoins réels des utilisateurs finaux.

4. Cartographie Simplifiée du Système d’Information Fonctionnel

La cartographie simplifiée du système d’information (S.I.) fonctionnel permet de visualiser les processus et les interactions au sein du système actuel. Cette représentation graphique aide à identifier les points de friction, les inefficacités et les opportunités d’amélioration. Elle sert de base pour élaborer des solutions qui optimiseront les processus existants.

5. Cartographie Simplifiée du Système d’Information Technique

En complément de la cartographie fonctionnelle, la cartographie technique du S.I. offre une vue d’ensemble des infrastructures et des technologies utilisées. Cette étape permet d’évaluer la faisabilité technique des solutions proposées et d’identifier les besoins en termes de ressources technologiques. Elle est essentielle pour s’assurer que les solutions envisagées sont compatibles avec l’environnement technique existant.

6. Identification des Axes d’Amélioration / Cas d’Usage

L’analyse du rapport gain/coût pour chaque processus est une étape clé pour identifier les axes d’amélioration. Cette analyse permet de prioriser les initiatives en fonction de leur impact potentiel sur l’efficacité opérationnelle et la satisfaction des utilisateurs. Les cas d’usage sont définis pour illustrer comment les améliorations proposées répondront aux besoins spécifiques des utilisateurs.

7. Animation d’un Comité d’Arbitrage des Priorités Métier

Enfin, l’animation d’un comité d’arbitrage des priorités métier permet de prendre des décisions éclairées sur les initiatives à privilégier. Ce comité réunit les représentants des différentes parties prenantes pour évaluer les propositions d’amélioration en fonction de critères prédéfinis, tels que l’impact sur les objectifs stratégiques, la faisabilité technique et le retour sur investissement. Cette étape garantit que les ressources sont allouées de manière optimale pour maximiser les bénéfices du projet.

Phase 2 : Définition de la cible

1. Sur la Base des Chantiers Prioritaires Identifiés, Affiner l’Expression des Besoins

Une fois les chantiers prioritaires identifiés, il est crucial d’affiner l’expression des besoins. Cela implique de travailler en étroite collaboration avec les parties prenantes pour comprendre en profondeur leurs attentes et leurs exigences. Cette étape permet de définir clairement les objectifs du projet et de s’assurer que les solutions proposées répondent précisément aux besoins identifiés.

2. Identifier les Scénarios Possibles : Architecture Cible, Solutions du Marché, Fourchette Budgétaire, Impacts RH/Production

L’identification des scénarios possibles est une étape essentielle pour évaluer les différentes options disponibles. Cela inclut :

  • Architecture Cible : Définir l’architecture technique et fonctionnelle souhaitée pour le projet. Cela permet de s’assurer que les solutions envisagées sont alignées avec les objectifs stratégiques et les contraintes techniques.
  • Solutions du Marché : Explorer les solutions disponibles sur le marché qui pourraient répondre aux besoins du projet. Cette étape permet de comparer les différentes options en termes de coût, de fonctionnalités et de compatibilité.
  • Fourchette Budgétaire : Estimer les coûts associés à chaque scénario pour déterminer la faisabilité financière du projet. Cela inclut l’évaluation des coûts initiaux et des coûts récurrents.
  • Impacts RH/Production : Évaluer les impacts potentiels sur les ressources humaines et la production. Cela permet de prévoir les besoins en termes de formation, de recrutement ou de réorganisation des équipes.

3. Présenter les Scénarios au COPIL Projet et Aide au Choix

Les scénarios identifiés doivent être présentés au Comité de Pilotage (COPIL) du projet. Cette présentation permet de discuter des différentes options avec les parties prenantes clés et de prendre des décisions éclairées. Le COPIL évalue les scénarios en fonction de critères prédéfinis, tels que l’alignement avec les objectifs stratégiques, la faisabilité technique et financière, et les impacts sur les ressources humaines et la production.

4. Affiner le Scénario Retenu et le Décliner en une Feuille de Route

Une fois le scénario retenu, il est essentiel de l’affiner et de le décliner en une feuille de route détaillée. Cette feuille de route doit inclure :

  • Plan d’Action : Définir les étapes spécifiques et les jalons nécessaires pour mettre en œuvre le scénario retenu.
  • Calendrier : Établir un calendrier précis avec des dates clés pour chaque étape du projet.
  • Ressources : Identifier les ressources nécessaires, y compris les compétences techniques, les budgets et les équipes impliquées.
  • Risques et Opportunités : Anticiper les risques potentiels et les opportunités associés au scénario retenu, et élaborer des plans de mitigation et d’exploitation.

Phase 3 : implémentation par une approche itérative, par processus

1. Spécification Fonctionnelle

La spécification fonctionnelle est une étape cruciale qui consiste à définir en détail les fonctionnalités et les exigences du système à développer. Cette spécification sert de référence tout au long du projet pour garantir que les attentes des parties prenantes sont satisfaites. Voici les éléments clés d’une spécification fonctionnelle :

  • Objectifs du Système : Décrire les objectifs principaux du système et les besoins qu’il doit satisfaire.
  • Fonctionnalités : Lister toutes les fonctionnalités que le système doit offrir, en précisant les entrées, les traitements et les sorties attendues.
  • Cas d’Utilisation : Décrire les différents scénarios d’utilisation du système, en mettant en évidence les interactions entre les utilisateurs et le système.
  • Exigences Non Fonctionnelles : Inclure les exigences telles que la performance, la sécurité, l’évolutivité et la compatibilité.
  • Interfaces : Définir les interfaces utilisateur et les interfaces avec d’autres systèmes ou applications.
  • Contraintes : Identifier les contraintes techniques, budgétaires ou réglementaires qui peuvent influencer le développement du système.

Une spécification fonctionnelle bien rédigée permet de réduire les risques de malentendus et de garantir que toutes les parties prenantes ont une compréhension commune des objectifs et des exigences du projet.

2. Expérimentation sous Forme d’un POC (Proof of Concept)

L’expérimentation sous forme d’un Proof of Concept (POC) est une étape essentielle pour valider la faisabilité technique et fonctionnelle des solutions proposées. Le POC permet de tester une version simplifiée du système dans un environnement contrôlé pour évaluer son potentiel avant un déploiement à grande échelle. Voici les étapes clés de cette phase :

  • Définir les Objectifs du POC : Clarifier ce que vous souhaitez démontrer ou valider avec le POC.
  • Sélectionner les Fonctionnalités à Tester : Choisir un ensemble limité de fonctionnalités critiques à inclure dans le POC.
  • Développer le POC : Créer une version simplifiée du système qui met en œuvre les fonctionnalités sélectionnées.
  • Tester et Évaluer : Effectuer des tests pour évaluer la performance, la fiabilité et l’adéquation du POC par rapport aux objectifs définis.
  • Analyser les Résultats : Recueillir les retours des utilisateurs et analyser les résultats pour décider de la suite à donner au projet.

Le POC permet de minimiser les risques en identifiant les problèmes potentiels tôt dans le cycle de développement.

3. Déploiement

Le déploiement est la phase finale où le système est mis en production et rendu accessible aux utilisateurs finaux. Cette étape nécessite une planification rigoureuse pour garantir une transition en douceur. Voici les étapes clés du déploiement :

  • Planification du Déploiement : Élaborer un plan détaillé qui inclut les étapes de migration, les ressources nécessaires et le calendrier.
  • Préparation de l’Environnement : Configurer l’environnement de production pour accueillir le nouveau système, y compris les serveurs, les bases de données et les réseaux.
  • Migration des Données : Transférer les données existantes vers le nouveau système, en veillant à ce que l’intégrité des données soit préservée.
  • Tests de Déploiement : Effectuer des tests finaux pour s’assurer que le système fonctionne correctement dans l’environnement de production.
  • Formation des Utilisateurs : Former les utilisateurs finaux à l’utilisation du nouveau système pour garantir une adoption rapide et efficace.
  • Surveillance et Support : Mettre en place des mécanismes de surveillance pour détecter et résoudre rapidement les problèmes éventuels après le déploiement.

Cette méthode offre plusieurs avantage :

  • Engagement : livrable consistant + engagement résultat pour chaque étape
  • Efficacité : résultats rapides, visibles et mesurables
  • Agilité : ajustements et repriorisation de la mission possible à tout instant
  • Acculturation des collaborateurs à l’amélioration continue

Conclusion

L’engagement sur le résultat et la méthode agile ne sont pas nécessairement incompatibles. En fait, ils peuvent se compléter pour offrir une approche de gestion de projet qui combine la clarté et la prévisibilité de l’engagement sur le résultat avec la flexibilité et l’adaptabilité de la méthode agile. La clé réside dans la capacité à intégrer les forces des deux approches tout en gérant efficacement les attentes et les changements.

En adoptant une approche hybride et en favorisant une collaboration étroite, les entreprises peuvent tirer parti des avantages des deux méthodes pour atteindre leurs objectifs de manière plus efficace et réactive.