Un schéma directeur informatique définit le système d’information cible pour servir la stratégie de l’entreprise, et la trajectoire pour y aller. Ce n’est pas un catalogue de projets : c’est une décision de direction, préparée avec les métiers, que le dirigeant ou le conseil peut voter.
Cinq livrables, pas un rapport de 200 pages
- Le lien explicite entre la stratégie d’entreprise et les axes informatiques
- Un état des lieux partagé par les métiers : usages, irritants, coûts, risques
- Deux à trois scénarios chiffrés en investissement et en fonctionnement
- Une trajectoire priorisée sur trois ans et sa gouvernance
- Un budget de fonctionnement et d’investissement
Le schéma directeur du système d’information (SDSI) est le document qui traduit la stratégie d’une entreprise en trajectoire informatique : ce que l’on fera, dans quel ordre, avec quels moyens, quels responsables et quels indicateurs, généralement sur trois ans. Il s’élabore en cinq étapes — compréhension de la stratégie, état des lieux avec les métiers, cible et axes, scénarios chiffrés, trajectoire et gouvernance — et tient sur une feuille de route d’une page que la direction peut voter. En PME, comptez deux à trois mois. Sans stratégie d’entreprise explicite, il n’y a pas de schéma directeur possible : seulement une liste de projets.
Qu’est-ce qu’un schéma
directeur informatique ?
Le schéma directeur informatique — ou schéma directeur du système d’information, SDSI — a pour finalité de définir le système d’information cible pour servir la stratégie de l’entreprise, puis la trajectoire qui y conduit. Il relie trois niveaux que les PME laissent souvent séparés : la stratégie de la direction, les processus des métiers et les applications, données et infrastructures de l’informatique.
Il remplit trois fonctions. Il formalise la déclinaison de la stratégie en axes informatiques ; il reconnecte l’informatique avec la direction et les métiers, qui ont produit ensemble l’état des lieux et la cible ; et il installe un premier niveau de gouvernance — qui décide de quoi, à quel rythme, avec quels indicateurs. C’est aussi, pour un responsable informatique, le passage qui le fait reconnaître comme directeur : il y démontre sa capacité à traduire des enjeux d’entreprise en initiatives concrètes.
Ce qu’il n’est pas : un inventaire technique, un plan d’achats, ni un document que le prestataire informatique écrit pour son client. Un schéma directeur écrit par celui qui vendra ensuite les projets n’est pas un schéma directeur ; c’est un devis.
Les directions métiers n’adhéreront au schéma directeur que si elles y voient un moyen d’atteindre leurs propres objectifs. Il ne s’agit donc pas de leur présenter un plan informatique, mais de le construire avec elles.
Bruno Herdly, conseiller de direction, fondateur de Syncerus — LinkedInTrois conditions sans lesquelles
le SDSI n’atterrit pas.
Avant de lancer l’élaboration, trois questions décident du résultat :
- La direction générale est-elle impliquée ? Le SDSI ne peut refléter la stratégie que si le dirigeant y consacre du temps — entretien de cadrage, arbitrage des scénarios, portage de la feuille de route. Sans lui, le document reste celui de l’informatique.
- La stratégie d’entreprise est-elle explicite ? Développement, sites, produits, croissance externe, exigences clients : si elle n’est pas formulée, la première étape du SDSI consiste à la faire dire.
- Les métiers participeront-ils ? L’élaboration demande des entretiens avec chaque direction et des ateliers ; c’est un investissement en temps, et c’est lui qui produit l’adhésion.
Cinq étapes, de la stratégie
à la gouvernance.
La démarche d’alignement stratégique enseignée par Bruno Herdly au CESI et appliquée dans les missions Syncerus va de la compréhension de la stratégie aux axes informatiques, puis au plan d’action et à la gouvernance. En PME, elle tient en deux à trois mois, l’essentiel du temps étant consacré aux entretiens et aux ateliers.
Comprendre où va l’entreprise
Entretien de cadrage avec le dirigeant, lecture des chantiers d’entreprise en cours, priorisation des enjeux à trois ans. Ce que l’informatique doit rendre possible est écrit noir sur blanc avant de regarder le moindre outil.
Un état des lieux partagé par les métiers
Questionnaire en ligne « usages et irritants », entretiens avec chaque direction et les référents de terrain, analyse des contrats et des coûts (TCO), cartographie des applications et des flux, diagnostic de sécurité et de conformité. Le résultat est un constat que personne ne conteste, parce que tout le monde l’a nourri.
Traduire la stratégie en axes informatiques
Pour chaque enjeu d’entreprise, les axes informatiques qui le servent : processus cœur à formaliser et outiller, données à fiabiliser, architecture à simplifier, organisation et compétences de la fonction informatique, sécurité. Les indicateurs de réussite du schéma directeur sont fixés ici.
Deux à trois trajectoires chiffrées
Prudent ou ambitieux, internaliser ou externaliser, continuité ou rupture : chaque scénario est évalué en investissement et en fonctionnement, en risques et en charge interne, puis présenté au comité de pilotage pour arbitrage. C’est la direction qui choisit, sur des faits comparables.
Une feuille de route et sa gouvernance
Projets retenus et écartés, ordre, budget pluriannuel, responsables, rituels de suivi et indicateurs : le tout sur une page que le comité de direction ou le conseil peut voter, puis suivre. La communication sur l’avancement du SDSI fait partie du dispositif.
Le schéma directeur peut se prolonger par une assistance au choix des prestataires ou par une direction de SI à temps partagé qui en pilote l’exécution.
Schéma directeur, audit informatique
ou plan de projets ?
| Critère | Audit informatique | Plan de projets | Schéma directeur informatique |
|---|---|---|---|
| Question à laquelle il répond | Dans quel état est mon informatique ? | Que fait-on l’an prochain ? | Où doit aller le SI pour servir la stratégie, et par quel chemin ? |
| Point de départ | L’existant technique | Les demandes en attente | La stratégie de l’entreprise |
| Qui le produit | Un auditeur, parfois le prestataire | Le responsable informatique | La direction, les métiers et l’informatique, avec un tiers indépendant |
| Horizon | L’instant | Douze mois | Trois ans, revu chaque année |
| Ce qu’il permet de décider | Corriger | Prioriser | Arbitrer entre scénarios, budgéter, organiser |
| Livrable | Un rapport de constats | Une liste | Cible, scénarios chiffrés, trajectoire une page, gouvernance |
L’audit et le plan de projets sont des sous-produits du schéma directeur : l’état des lieux en est la deuxième étape, la liste de projets la dernière.
Un schéma directeur
en PME de transport.
Chez un transporteur international du Grand Est, le diagnostic du système d’information mené en 2025 a relié les enjeux de la direction — croissance organique par formalisation et optimisation des processus, croissance externe, constitution d’une force commerciale — à des axes informatiques précis : formaliser les processus cœur de métier, déployer les fonctions cœur du TMS et de l’informatique embarquée, cartographier et simplifier l’architecture, mettre en place une architecture de données pour produire des indicateurs, définir un plan de maintien en condition opérationnelle et de sécurité.
La restitution a positionné la fonction informatique sur une grille de maturité dérivée de CMMI — de « techniques, obsolètes et instables » à « pilotée par les métiers, engagée sur la qualité de service » — et proposé une feuille de route à trois ans pour l’ensemble des métiers, un budget de fonctionnement et d’investissement, une organisation cible, une analyse de risques de type EBIOS RM et une méthode projet à expérimenter d’abord sur un chantier — l’informatique embarquée. Chez un autre transporteur, de 800 collaborateurs, la trajectoire s’est stabilisée par un comité de pilotage hebdomadaire des onze directeurs pendant dix mois (voir le cas MGE).
Ce que vous tenez
en main à la fin.
Un schéma directeur Syncerus tient en cinq documents, tous écrits pour être lus par un dirigeant :
- la synthèse de l’existant : cartographie, coûts consolidés, irritants classés, risques ;
- la cible : axes informatiques reliés aux enjeux d’entreprise, indicateurs de réussite ;
- les scénarios comparés : deux ou trois trajectoires chiffrées, avec leurs risques et leur charge interne ;
- la feuille de route une page : projets, ordre, budget, responsables, rituels ;
- la note de gouvernance : rôles, comités, tableau de bord, communication sur l’avancement.
Vos questions.
Qu’est-ce qu’un schéma directeur informatique ?
C’est le document qui définit le système d’information cible pour servir la stratégie de l’entreprise et la trajectoire pour y aller : axes informatiques, scénarios chiffrés, feuille de route sur trois ans, budget et gouvernance. Il est construit avec la direction et les métiers, pas seulement par l’informatique.
Quelle est la différence entre SDSI et schéma directeur informatique ?
Aucune : SDSI signifie schéma directeur du système d’information. On parle aussi de schéma directeur informatique ou de stratégie SI. Le terme importe moins que le point de départ, qui doit être la stratégie de l’entreprise.
Combien de temps prend l’élaboration d’un schéma directeur en PME ?
Deux à trois mois pour une PME ou une ETI, l’essentiel étant consacré aux entretiens avec la direction et les métiers, puis à la comparaison de scénarios chiffrés. Le document est ensuite revu chaque année.
Qui doit participer à un schéma directeur informatique ?
La direction générale, qui fixe le cap et arbitre ; chaque direction métier, qui apporte ses enjeux et ses irritants ; le responsable informatique, qui connaît l’existant et pilotera la trajectoire ; et un tiers indépendant qui garantit la méthode et la neutralité vis-à-vis des fournisseurs.
Un prestataire informatique peut-il rédiger le schéma directeur ?
Il peut y contribuer sur l’état des lieux technique, mais un schéma directeur écrit par celui qui vendra ensuite les projets n’est pas indépendant. Syncerus ne vend ni matériel, ni logiciel, ni infogérance, et n’est rémunéré par aucun prestataire.
Combien coûte un schéma directeur informatique ?
Syncerus pratique des tarifs publics, 1 090 € HT par jour ; le nombre de jours dépend du nombre de sites et de directions à rencontrer. Pour une entreprise industrielle, logistique ou de BTP du Grand Est, la mission peut être cofinancée par la Région dans le cadre d’Industrie 5.0.
Votre informatique a-t-elle
une direction ?
Trente minutes pour comprendre votre situation et vous dire si un schéma directeur est le bon outil — ou si une décision plus simple suffit.


